Il existe plusieurs diagnostics immobiliers dont la remise au locataire est souvent obligatoire, selon la nature du logement, sa période de construction, et la zone géographique. Les plus courants sont :
- Le DPE (Diagnostic de performance énergétique): indispensable pour indiquer la consommation d’énergie du logement et les émissions de gaz à effet de serre.
- Le CREP (Constat de risque d’exposition au plomb): requis pour les logements construits avant le 1er janvier 1949.
- Le diagnostic amiante: pour les bâtiments dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997.
- Le diagnostic gaz et électricité: pour vérifier la conformité des installations si elles ont plus de 15 ans.
- L’ERP (État des risques et pollutions): pour les zones à risque (inondations, sismicité, etc.).
Dans la majorité des cas, l’ERP est à jour pour une durée de six mois seulement, le DPE peut être valable dix ans (mais attention, de nombreuses réformes successives en ont modifié la méthode de calcul), et le diagnostic plomb est évident pour les vieux bâtiments. Rassurez-vous cependant : tous ne nécessitent pas d’être refaits à la moindre évolution de la réglementation. Parfois, un avenant ou une simple vérification suffisent. Avant de vous lancer dans la rédaction d’une lettre, renseignez-vous sur la durée de validité de votre diagnostic, et sur l’évolution récente de la législation. Par exemple, en 2021 et 2022, plusieurs réformes ont concerné le DPE, le rendant opposable et davantage fiable. Si vous avez fait faire un DPE avant ces réformes, il est possible que vous ayez la nécessité de le refaire pour vous mettre en conformité.
Chaque diagnostic pouvant être légèrement différent dans sa forme et dans ses exigences, votre lettre ne sera pas toujours la même. Toutefois, le concept de base restera identique : informer clairement votre locataire des raisons et de la portée de ce diagnostic, en indiquant ce que cela va changer pour lui. Par exemple, s’il s’agit d’un nouveau DPE, expliquez si cela aura un impact éventuel sur son confort énergétique, voire sur le montant des charges. Si c’est un diagnostic amiante, démystifiez la situation et détaillez ce que vous comptez faire (ou non) en cas de présence de ce matériau.
Quand devez-vous obligatoirement informer votre locataire ?
Imaginez la situation suivante : vous venez d’apprendre que votre contrat de bail pourrait être affecté par un nouveau diagnostic gaz. Est-il impératif d’envoyer un courrier immédiatement ? La réponse dépend souvent du stade de la location :
• Si le nouveau diagnostic est exigé avant la signature du bail, vous devez alors le fournir au locataire avant ou au moment de la conclusion du contrat. Le locataire doit en prendre connaissance pour prendre une décision éclairée quant à la location (par exemple, détecter que l’installation électrique n’est pas en bon état et en discuter en amont).
• Si vous réalisez le diagnostic en cours de bail (par exemple parce que la réglementation vient de changer), un courrier informatif peut être indispensable pour prévenir le locataire d’une éventuelle visite du diagnostiqueur, ou d’un rendez-vous technique. Par la suite, vous pourriez lui en adresser une copie jointe à un courrier de rappel.
• Si le diagnostic concerne une nécessité de travaux imminents ou un constat de risque particulier (comme des traces de plomb ou l’amiante à un niveau important), il devient urgent et capital d’en avertir votre locataire sans délai.
Dans tous les cas, la qualité de votre lettre est déterminante. Vous voulez à la fois prouver que vous êtes en règle si un litige venait à naître, et informer réellement vos locataires. Évitez donc les formules trop vagues telles que « Le diagnostic est fait, merci de votre compréhension ». Au lieu de cela, détaillez la nature du diagnostic et les conséquences concrètes. Cela renforcera la relation de confiance avec vos locataires, tout en vous préservant des reproches du type « Je n’étais pas au courant de la gravité du problème ».